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Articles avec #temoignage tag

De fringues, de musique et de mecs de Viv Albertine

Publié le par Malénia

De fringues, de musique et de mecs de Viv Albertine

Genre Autobiographie, témoignage

Résumé

Itinéraire d'une véritable enfant du rock, l'autobiographie de Viv Albertine revient sur sa carrière de guitariste dans l'un des tout premiers groupes de punk exclusivement féminin Outre-manche, The Slits. Évocation candide et franche d'un mouvement musical et social qui allait changer l'histoire de la musique, De fringues, de musique et de mecs regorge d'anecdotes sur les Clash, les Sex Pistols, Vivienne Westwood, Johnny Thunders et tant d'autres. Mais ce serait minimiser ce livre féroce et attachant que de le limiter à un énième document rock, car le propos de Viv Albertine va bien plus loin. En retraçant sans tabou ni biais son parcours de gamine de la classe moyenne anglaise des années 70 fascinée par la scène musicale et bien décidée à y faire entrer les filles, puis de jeune femme embarquée dans un mouvement aux excès et au nihilisme affichés, et enfin de femme confrontée au grand vide post-punk qui tente de survivre aux excès, à la maladie, et à l'ennui d'une vie rangée, Viv Albertine livre un texte brûlant d'honnêteté et d'engagement. Choquant parfois, brutalement émouvant par moments et toujours drôle, ce livre est une ode aux femmes, un texte féministe qui regarde en face ce qu'il en a coûté - et ce qu'il en coûte encore - d'être une femme, d'être irrévérencieuse, et d'être têtue au point de croire à son destin. Viv Albertine est une musicienne et parolière britannique, figure du mouvement punk auquel elle participa activement avec son groupe, The Slits. Dans les années 80, elle mène également une carrière de productrice et de réalisatrice. Après 25 ans de silence, elle remonte sur scène avec un album solo, en 2012. Elle vit aujourd'hui à Londres où elle se consacre à la musique et à l'écriture.

Mon avis


«Pour écrire son autobiographie, il faut être un sacré connard, ou alors c’est qu’on est fauché. Moi, c’est un peu des deux.»

Je l'avoue humblement, je ne connaissais pas Viv Albertine, pas plus que les Slits. Née après que le phénomène soit déjà mort,1 je ne connaissais de cette musique que les Clash, les Sex Pistols et à la limite quelques tubes des Buzzcocks et des Ramones. Je crois que je ne soupçonnais même pas l'existence d'un punk féminin à part entière. Aussi, quand cette autobiographie m'a été proposée par la Masse Critique Babelio, j'ai immédiatement sauté dessus : j'allais découvrir!

Et quelle découverte! Viv Albertine nous plonge au coeur de deux vies, la sienne, bien sûr, mais aussi celle du punk underground des années 70. Guidée par une plume déliée, on parcourt avec elle les petites rues de Londres, les squats miteux, puis les hôtels de luxe et les salles de concert. La jeune fille qu'elle décrit nous ressemble terriblement : elle veut être libre, musicienne, heureuse. Mais elle est malgré tout pétrie des convictions qu'on lui a enseigné sur la féminité, sa place en tant que femme dans la société, ce qu'elle DOIT et ne DOIT PAS faire.

A ses côtés, on assiste à ce long cheminement vers une identité choisie, de doutes en désarrois, de petites victoires en montées d'adrénaline. Jusqu'à la fin de l'histoire, la vie qui se range, la jeunesse qui s'en va, le punk qui se meurt (ou pas, voir note 1). Viv Albertine évoque avec justesse la vie de femme au foyer, la maladie, la maternité. Jusqu'aux dernières pages où un renouveau s'envole encore... vers où cette fois?

J'ai adoré cette lecture, gentiment provocante, légèrement grave... J'ai découvert grâce à ce livre un univers musical que je ne connaissais pas, et l'envers du décor d'un "Punk System" que je ne soupçonnais pas. Au delà du contenu musical et presque historique, c'est le très émouvant témoignage d'une femme qui a choisi d'être libre.

A lire absolument <3

 

1 Le punk est-il mort? Vous avez deux heures!

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Ainsi font, font, font... de Marie-Noëlle Garric

Publié le par Malénia

Ainsi font, font, font... de  Marie-Noëlle Garric

Genre Témoignage

Résumé

J’ai commencé cette carrière sans savoir qu’elle allait durer longtemps. Disons plutôt que je ne l’ai appréhendée qu’année après année, comme une fourmi tâcheronne.

J’y ai arpenté des couloirs variés, carrelés en noir et blanc ou en vieux lino usé. J’y ai côtoyé des sages et des agités, de délicieux dilettantes, des fainéants revendiqués, des laborieux ou des rapides.

J’ai aimé ce que j’ai fait sans trop savoir ce que j’avais provoqué ou suscité, même si j’ai toujours gardé l’espoir de transmettre ce qui m’animait : le bonheur de lire et d’écrire. Parfois je suis rentrée chez moi, le soir, heureuse d’avoir vécu des moments de grâce que je n’étais en rien sûre d’avoir voulus ou contrôlés.

Et de temps à autre, j’ai craqué parce que j’avais l’impression de n’avoir rien appris ni compris de cet étrange métier de prof.

C’est ce mélange d’impressions variées que j’ai essayé de décrire dans cet ouvrage qui retrace trente-cinq années de doutes, de joies, d’abattement ou d’enthousiasme.

Avis

Ce livre est un témoignage, l'histoire d'une "vie de prof", avec ses petites victoires, ses déceptions amères, ses combats tristes ou inutiles, ses renoncements... Parce que c'est un monde que je connais bien, j'ai eu envie de découvrir ce qui se cachait sous ce titre enfantin et cette couverture évocatrice.

J'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu. L'auteur écrit de façon remarquable. Elle nous entraîne avec elle dans de multiples situations et de nombreux lieux, sans jamais nous perdre. Elle nous parle de son métier comme d'une passion abîmée, aux attentes en décalage avec la réalité du terrain. Mais plus que d'elle-même, elle nous parle de ses élèves, avec une tendresse infinie. et c'est ce que j'ai aimé dans ce roman.

De nombreuses émotions m'ont parcouru en feuilletant ces pages : de l'émotion, de la peine, mais aussi pas mal de sourires, car Marie-Noëlle Garric fait preuve de beaucoup d'humour et de recul face aux "joies" de l'enseignement.

En résumé, c'est un très beau témoignage, tout en finesse, qui nous laisse perplexe et interrogateur face à la vieille machine malade qu'est devenue notre système éducatif. C'est à la fois plaisant et instructif, un livre qui nous trotte dans la tête après l'avoir lu, mes préférés...

Un seul bémol peut-être : l'épilogue, que j'ai trouvé un peu trop moralisateur à mon goût. Mais peut-on reprocher à une enseignante de vouloir transmettre?

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La nuit des éventails - Cathy Borie

Publié le par Malénia

La nuit des éventails - Cathy Borie

Genre Littérature blanche

Résumé

Au début du XXe siècle, le tout jeune Émilien, fils bâtard d’une paysanne, fuit la ferme de son beau-père et s’engage dans un périple qui le verra tour à tour chaudronnier, garçon de cirque, puis saltimbanque... Presque cent ans plus tard, Clarisse, la cinquantaine tourmentée, romancière et auteure de pièces de théâtre, recherche un comédien pour la création de sa première pièce ; Adrien, un acteur trentenaire, énigmatique et à la sensibilité à fleur de peau, s’imposera dans le rôle principal. Ils n’ont a priori rien de commun. Mais les dés du hasard vont rouler. À moins que ce ne soit le destin, facétieux marionnettiste, qui s’amuse à tirer les ficelles…

Un roman fort, riche et foisonnant, questionnant, des ombres de la vie aux lumières de la scène, l’artifice de la création et le pouvoir de la fiction.

Mon avis

Ce sont deux histoires qui s'entremêlent dans ce roman, celle d’Émilien et celle de Clarisse. Deux époques aussi. Et deux histoires d'amour. L'auteur a choisi d'alterner l'une et l'autre dans différents chapitres sans lien apparent, et son choix d'incessants changements de point de vue, jusqu'à l'intérieur d'une seule et même histoire, sont parfois déroutants. C'est ce que j'ai le moins apprécié dans ce livre. On passe les cent premières pages à se demander pourquoi ces histoires s'intercalent sans raison, et c'est un peu dérangeant.

Cependant, je dois avouer qu'on ne s'attend pas à ce lien entre les deux thématiques (ce que je dis semble mystérieux, mais il m'est difficile de ne pas spoiler...) et c'est une bonne surprise. Le dénouement, surtout, avec le dévoilement de la vraie personnalité d’Émilien, et le nouvel enchevêtrement lié à Sarah, qui laisse place à toute sorte de nouvelles hypothèses m'a particulièrement séduite...

En résumé, c'est un livre à lire. A lire jusqu'au bout, sans se laisser décourager par les début un peu obscurs, car le style de l'auteur est vraiment agréable, et c'est au final une vraie histoire, construite et bien pensée, que nous offre cette auteure. Une histoire toute en éventail, si j'ose dire...

Un grand merci au éditions de la Rémanence pour cette très agréable découverte.

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Et si on se prostituait ? - Eva Giraud

Publié le par Malénia

 Et si on se prostituait ? - Eva Giraud

Genre Témoignage

Quatrième de couverture

« J'ai cherché du boulot pendant quatre ans. Avec acharnement. Deux heures par jour, cinq jours par semaine. Je n’ai pas eu un seul entretien. J’ai postulé, cent fois, deux-cents fois, postulé encore. Et puis j'ai arrêté de compter.
J'ai 25 ans, je suis au chômage mais ne touche pas le chômage. Que faire quand on ne rentre pas dans les cases ? Eh bien, on fait comme moi, et comme des milliers d'autres : on cherche, on s'occupe, on travaille pour la gloire, et on prend ça avec humour. Et surtout, parfois, on a envie d'étrangler les gens qui nous disent que "quand on veut on peut". »
Elle s’appelle Eva, elle cherche du travail depuis… toujours ? Oui c’est plus ou moins ça. Vous connaissez tous une « Eva », nous sommes tous concernés de près ou de loin par sa situation. Heureusement, Jean-Claude est là pour la soutenir. Et c’est avec humour, bien qu’avec réalisme également, qu’elle nous présente son aventure, pour ne pas dire son parcours du combattant.
« Et si on se prostituait » est un témoignage qui n’emploie pas la langue de bois et qui dénonce une réalité qui ne fait pas toujours plaisir… Mais Eva a le mérite de s’exprimer sur le sujet dans cette nouvelle dont le ton léger permet de ne pas dramatiser le sujet abordé. Car même si la situation est effectivement dramatique pour nombre de jeunes comme Eva, elle a su présenter son expérience avec du recul et un cynisme qui lui va tellement bien…

Mon avis

Il s'agit ici d'une nouvelle, qui relate avec justesse la quête du premier emploi d'une jeune diplômée. Mois après mois, on la suit dans ses démarches : envois de C.V, contacts directs, puis dans sa longue perte de confiance. On y découvre les premiers jobs inintéressants, auxquels elle postule quand même, puis le premier petit boulot, pour survivre, et enfin le triste abandon de ses rêves et de sa vocation.

J'ai trouvé ce livre vraiment bien écrit, et surtout juste. Je me suis reconnue dans cette jeune diplômée gonflée à bloc à la sortie de l'école, qui comprend jour après jour qu'avoir des rêves, de la volonté, ou même du talent, ne suffisent pas. J'ai retrouvé dans ces lignes ma première conseillère pôle emploi, qui m'expliquait, gentiment, que sans "cooptation" je ne trouverais jamais de poste. (Pour ceux qui ignoreraient le terme, la "cooptation" c'est ce que l'on appelait jadis piston avec une grimace, aujourd'hui c'est un sésame prisé et obligatoire pour franchir les portes de l'entreprise.)

En résumé c'est un témoignage qui m'a vraiment touché, et qui m'a rappelé beaucoup de choses. Je ne sais pas où en est l'auteure aujourd'hui, mais je lui espère des jours meilleurs. Je le conseille vivement à tous les recruteurs, qui n'imaginent souvent pas le mal qu'ils font par leurs remarques acerbes, ou pire, par leur indifférence.

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Les tribulations d'une caissière - Anna Sam

Publié le par Malénia

Les tribulations d'une caissière - Anna Sam

Genre Témoignage

Quatrième de couverture

Que voit-on du monde et des gens quand on les voit du point de vue d’une caissière de grande surface ? Que sait-elle de nous en voyant ce que nous achetons, ce que nous disons, les questions que nous posons ? Le passage en caisse est en réalité un moment très particulier. À tort, nous pensons que tout est neutre dans cette opération et nous ne nous surveillons pas. La caissière est pour nous un regard aveugle, à la limite elle est elle-même une machine. Nous nous montrons donc comme nous sommes. Et lorsque la caissière s’appelle Anna Sam, qu’elle est titulaire d’une licence de lettres et qu’elle n’a pas les yeux dans la poche de sa blouse, elle saisit sur le vif nos petits mensonges, nos petites lâchetés, nos habitudes plus ou moins bizarres, et elle en fait un livre qui ne ressemble à aucun autre.

Mon avis

Les tribulations d'une caissière est un livre qui avait connu un petit succès médiatique il y a de cela quelques années, et qui traînait dans ma PAL depuis pas mal de temps. L'été approchant, je me suis dit que c'était la lecture idéale : fraîche, décalée, drôle... Je m'attendais, en l'ouvrant, à passer un agréable moment de lecture, autour d'anecdotes humoristiques et causasses. J'ai été franchement déçue. Le style de l'auteur est presque télégraphique, mais bien que pas très littéraire, cela se lit vite et bien. Par contre, c'est d'un ennui...

Les situations décrites sont du vu, revu et déjà vu... sans avoir été caissière moi-même, aucune des scénettes décrites ne m'a surprise ni touchée, sans doute parce que la plupart des choses racontées peuvent s'appliquer à n'importe lequel des métiers de service, hélas. Heureusement, les chapitres sont courts, ce qui permet d'aérer la lecture, et la faible pagination permet de finir le livre (100 pages de plus, et je craquais avant la fin).

Au final, ce livre ressemble à un règlement de compte amer, et n'apporte rien. Une lecture que je vais très vite oublier. Et tant mieux...

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